Dingue de canettes, Canß en a  ramassé plus de 80 000 en 7 ans, au détour des chemins ou des rues.

Toujours un vieux sac à la main, chacune de ses promenades, chacun de ses voyages est l’occasion de récoltes. Quand elle plonge dans des grands bacs poubelles non triés, c’est pour sauver ses précieux trésors de la destruction : le mot d’upcycling tire ici tout son sens ! Car plus elle en trouve et plus elle s’en inspire ; c’est sa « matière à réflexion ».

 

Maîtrisant leurs multiples nuances, voire en en créant de nouvelles grâce à la décoloration par le soleil, Canß crée des œuvres hautes en couleurs ou monochromes, pixelisées jusqu’à la limite de la reconnaissance.

Développée à l’aide de la technologie informatique pour appliquer un principe proche du chromo-luminarisme de Signac, cette pixellisation apporte une double vision de l’œuvre.

Lorsqu’on est trop près, l’œil est incapable de recomposer l’image, c’est la matière et la technique qui priment. Pour appréhender totalement l’œuvre, il faut prendre du recul ou … la regarder par le prisme de son écran de Smartphone. L’image se révèle alors, reconnaissable dans son intégralité.

 

Canß aime installer in-situ des œuvres imposantes qu’elle offre de façon éphémère au regard du public.

Cependant, jamais éloignée de ses préoccupations environnementales et humanistes, chacune de ses œuvres est un appel à la raison. Ses animaux sont généralement classés en danger par l’UICN, les visages d’enfants nous rappellent que ce sont eux les futurs locataires de la planète et qu’on doit la leur restituer dans le meilleur état possible. Même les tableaux non figuratifs induisent des vérités écologiques.

Pourtant, ces œuvres ne donnent pas de leçon ; … Elles incitent simplement à regarder le passé et le présent pour penser aux générations futures :

 

« Quelles traces souhaitons-nous laisser derrière nous ? »